CGAAER
Un appel au débat sur l’avenir de l’élevage

Chargé de réfléchir aux conditions qui permettraient de réconcilier la société française et les activités d’élevage, le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) recommande l’ouverture d’un débat national mais il l’assortit de conditions préalables.

Un appel au débat sur l’avenir de l’élevage
Le CGAAER recommande l’ouverture d’un débat national pour élaborer une vision consensuelle à horizon 2050 pour l’élevage français. ©iStock

Il faut « sortir du statu quo » dans les relations entre l’élevage et la société. C’est ce qu’estime un rapport du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) publié il y a quelques semaines et présenté le 15 novembre par sa corédactrice Marie-Hélène Le Henaff, lors d’une session plénière de l’Académie de la viande. Missionnés par le ministère de l’Agriculture pour évaluer les perspectives des relations élevage et société, les auteurs ont en effet constaté les difficultés des éleveurs à répondre aux inquiétudes sur les activités d’élevage mais aussi relevé que l’absence de vision partagée sur l’élevage ne permettait pas de réunir les conditions d’une sortie de la controverse. Aussi, le rapport recommande-t-il au ministère de l’Agriculture d’organiser un débat visant à l’élaboration conjointe par tous les acteurs (Ndlr : éleveurs, associations, entreprises, citoyens, recherche, pouvoirs publics, etc.), d’une vision consensuelle à horizon 2050 pour l’élevage français. Les aspects économiques, sociaux, environnementaux, climatiques, éthiques et sanitaires devraient être pris en compte, « sans oublier la recherche de souveraineté », note le rapport. « Ce débat devrait notamment répondre aux questions suivantes : quels types d’élevage pour la France ? Quelles sont les conditions à remplir ? » explique le rapport. Les rédacteurs suggèrent que l’organisation soit confiée à une structure neutre, la Commission nationale du débat public, et proposent que les perspectives et les objectifs qui en sortiront constituent l’armature des politiques publiques à venir.

Plus de dialogue inter-filières

Estimant que « l’élevage parfait n’existe pas » et que la solution passera par des compromis, les auteurs jugent nécessaire que soient clarifiés au préalable les éléments qui suscitent l’inquiétude de la société notamment sur le bien-être animal, la multifonctionnalité des élevages, l’efficacité des mesures d’atténuation des impacts négatifs de l’élevage, etc. Pour cela, la mission propose un soutien accru à la recherche (instituts publics, instituts techniques, etc.) sur ces sujets et une meilleure association des sciences humaines. Elle suggère également la création d’un comité scientifique, multidisciplinaire et transverse aux institutions de recherche, s’appuyant sur l’état de la science et l’expérience des professionnels en prenant compte des attentes légitimes du citoyen-consommateur. Les auteurs formulent d’autres recommandations pour la préparation de ce débat. Constatant l’absence d’unité de vue des différentes filières sur certains sujets, le rapport appelle notamment à plus de dialogue inter-filières et le ministère à y participer. Il soutient également la constitution d’un groupe de veille et de suivi sur l’élevage durable, conseillant le gouvernement dans l’impulsion des évolutions et transitions. Il pourrait être créé au sein du Conseil national de l’alimentation (CNA), instance consultative placée auprès des ministres de l’Environnement, de l’Agriculture, de la Santé et de la Consommation, suggère le rapport.

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