ÉVÉNEMENT
SIA 2022 : « Les visiteurs seront au rendez-vous »

À quatre mois de la 58e édition du Salon international de l’agriculture (SIA), le président du Centre national des expositions et concours agricoles (Ceneca), Jean-Luc Poulain, nous présente l’édition des retrouvailles.

SIA 2022 : « Les visiteurs seront au rendez-vous »
Jean-Luc Poulain, le président du Centre national des expositions et concours agricoles (Ceneca).

Vous venez de désigner votre mascotte pour le prochain Salon de l’agriculture, une vache savoyarde de 4 ans. Quel message souhaitez-vous passer à travers elle ?

Jean-Luc Poulain : « Non, cette vache baptisée Neige par son éleveur n’a pas de message particulier à faire passer. Nous veillons au respect de l'alternance entre race à viande et race laitière. En 2020, nous avions choisi une charolaise, Idéale, et Imminence, une bleue du nord, représentait la filière laitière lors de l'édition précédente. Nous faisons également attention à l'équilibre entre les races à petits effectifs et les grandes races. Comme les autres animaux sélectionnés avant elle, elle représentera dignement l’agriculture. »

D’autres animaux pourraient-ils symboliser le Salon ?

JLP : « Nous y pensons mais tardons à franchir le pas, même si nous savons qu’il faudra un jour y venir. Cependant, dans l’esprit des visiteurs et de beaucoup d’agriculteurs, la vache reste un marqueur fort, un symbole fort, plus ancré que celui d’un mouton, d’une chèvre ou d’une poule par exemple. Cela étant, je vous rappelle que l’affiche de notre 50e édition du 23 février au 3 mars 2013, rassemblait de très nombreux animaux : cheval, mouton, chèvre, vache, etc. »

Comment le Ceneca a-t-il vécu l’année 2021 sur le plan économique et humain ?

JLP : « Sur le plan humain, nous nous en sortons plutôt bien. En revanche, l’année 2021 a été très compliquée en termes financiers. Heureusement que nous avons pu bénéficier, comme nombre d’entreprises, des aides de l’État et du chômage partiel, ce qui nous permet de présenter cette année un résultat proche de l’équilibre alors que l’an dernier nous accusions un déficit de près de 900 000 euros. L’essentiel pour le Ceneca est que le SIA reparte. Nous sommes tous au travail pour que cette édition soit réussie à l’image des autres. »

Quels seront les grands temps forts de cette 58e édition du SIA ?

JLP : « Il ne vous a pas échappé que l’année 2022 sera rythmée par l’élection présidentielle. Comme nous disons entre nous, nous ferons le casting. Nous accueillerons comme il se doit les candidats à cette élection pour leur permettre un temps d’échange avec les agriculteurs et agricultrices. Nous en profiterons aussi pour livrer les messages de la profession qui sont nombreux. »

Avez-vous une organisation particulière concernant les candidats ?

JLP : « Le Ceneca dispose d’un service protocole. Il interroge en amont les candidats sur leurs souhaits, les stands à visiter, ceux qu’ils préfèrent éviter. Chaque candidat est traité avec les mêmes égards, sans distinction aucune. Naturellement, certains expriment le souhait de ne pas venir. Quant au chef de l’État qui viendra inaugurer le Salon le 26 février prochain, l’organisation revêt un caractère plus particulier compte tenu de son statut. Pour en revenir sur les temps forts du Salon, nous serons en pleine présidence française de l’Union européenne, en pleine réforme de la Pac, et aussi, le 28 février, à la fin des négociations commerciales avec la grande distribution. Mais je ne saurais pas vous dire quelle sera l’actualité du moment. Il arrive que pendant le Salon, la veille de son inauguration ou une semaine avant, une actualité vienne redistribuer les cartes. Quoi qu’il en soit, nous sommes très heureux de revenir au Parc des Expositions. Nous serons prêts. »

Combien attendez-vous de visiteurs en 2022 ?

JLP : « Côté exposants, 85 % sont déjà inscrits à quatre mois de l’événement ! Quant au grand public, quand il a envie, il revient… Cette édition des retrouvailles est très attendue. Nous oscillons toujours entre 650 000 et 720 000 visiteurs. Je suis confiant, les visiteurs seront au rendez-vous. »

Le renouvellement des générations constitue-t-il un point de vigilance pour le Ceneca ?

JLP : « Cela fait déjà quelques années que nous travaillons sur le sujet avec les jeunes agriculteurs. Nous ne découvrons pas cette année les effets de la pyramide des âges. De même nous sommes tous conscients que l’attrait du métier s’érode. Nous essayons, par conséquent, d’attirer les jeunes générations vers les nouveaux métiers, avec la porte d’entrée que constitue le numérique, de plus en plus présent dans notre secteur économique. C’est cette modernité du métier qu’il importe de montrer pour assurer ce renouvellement des générations. »

Propos recueillis par C Soulard

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