Développement durable
La région face à des défis environnementaux

Une étude menée par l’Insee révèle que si les aspects sociétaux et l’agriculture durable sont mieux appréhendés en Auvergne-Rhône-Alpes qu’au niveau national, le bilan est plus mitigé concernant les émissions de gaz à effet de serre et l’économie des ressources naturelles. 

La région face à des défis environnementaux
Afin de mener à bien son étude, l’Insee a pris en compte cinq enjeux et indicateurs de développement durable. ©Indicateurs territoriaux de développement durable (ITDD) de l’Insee et du SDES, 2013 et 2019

Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) est la première région de province en termes de production de richesses par habitant. Concernant 
l’innovation et la lutte contre la fracture territoriale, elle distance nettement l’Hexagone. Selon l’étude de l’Insee, le taux de chômage des 15-24 ans reste le plus bas de province et la part de la population couverte par le RSA est de 4 %, contre 5,2 %. Les demandes de brevets y sont en moyenne 1,5 fois plus fréquentes.

Des aspects sociétaux mieux appréhendés

Lorsqu’il s’agit de lutter contre les discriminations et les inégalités, le Cantal et la Savoie se démarquent fortement du reste de la France. Ces deux départements affichent moins de pauvreté, de précarité et d’inégalités. La Savoie est l’un des cinq départements métropolitains ayant le taux de pauvreté le plus bas, avec la Haute-Savoie. L’étude note que le taux cantalien est dans la moyenne, mais affiche une forte baisse, certainement en lien avec son taux de chômage qui est le plus bas de France. Ce département compte également les plus minces inégalités femmes-hommes, puisque les cadres y sont moins nombreux. La Savoie, quant à elle, a augmenté son offre de logements sociaux locatifs avec 800 logements pour 10 000 habitants, soit le second taux de la région, derrière le Rhône.

En matière de sobriété carbone et d’économie des ressources naturelles, l’Ardèche se distingue sur plusieurs points : la valorisation des déchets organiques, le recyclage et ses faibles prélèvements en eau. Ces derniers sont aussi parmi les plus bas en Haute-Savoie, à la suite d’une nette diminution des consommations en eau potable. L’Ain se démarque également par la réduction des consommations d’énergie, ainsi que par celle des quantités de déchets ménagers par habitant. Un point que ce département partage avec la Haute-Savoie et le Puy-de-Dôme.

Le transport routier et la périurbanisation comme points faibles

Selon l’analyse de l’Insee, Aura devance nettement l’Hexagone en matière de santé. Elle possède la seconde espérance de vie. Le Rhône et l’Isère cumulent une accessibilité aux médecins généralistes et une espérance de vie parmi les plus valorisantes de la région. L’agriculture biologique est également un facteur de développement durable plus répandu. Les surfaces toujours en herbes sont même deux fois plus étendues qu’à l’échelle nationale. L’agriculture durable est largement portée par les performances de la Drôme et l’Ardèche. En six ans, le Rhône compte 2,5 fois plus d’exploitations et de surface bio que le reste de la France métropolitaine. La Loire fait aussi figure de bon élève, puisqu’elle a augmenté de 1,5 % par an ses surfaces toujours en herbe, contre 0,5 % à l’échelle nationale. Mais ce bilan positif est largement rattrapé par une sobriété carbone et une économie des ressources naturelles bien moins maîtrisées. La valorisation des déchets continue d’augmenter, mais deux fois moins vite qu’au niveau national. Le rythme d’artificialisation des sols de la région ralentit peu et devient même supérieur à celui de la France métropolitaine. Enfin, le bilan de l’empreinte carbone est mitigé. Si les émissions de gaz à effet de serre par habitant sont proches du niveau national, leur réduction est moins rapide. Les causes ? Le transport routier, la périurbanisation et la stagnation des émissions de gaz fluorés, qui diminuent pourtant fortement à l’échelle nationale.

Léa Rochon, sur communiqué de l’Insee