Transformation
Valoriser ses fruits et légumes grêlés ou abîmés

Les fruits grêlés ou abimés par des aléas climatiques peuvent être transformés. Un débouché intéressant pour sauver une partie de la production. Le don à une association est également possible.

Valoriser ses fruits et légumes grêlés ou abîmés
Les fruits grêlés ou abimés par des aléas climatiques peuvent être transformés. Un débouché intéressant pour sauver une partie de la production. ©AD26

L’idée leur est venue en 2011, un an seulement après leur installation. Yann et Virginie Houlette sont arboriculteurs à Loriol, dans la Drôme. Cette année-là, le couple a connu un épisode de grêle qui a fragilisé et déclassé leur production de pommes. La rencontre avec un maraîcher qui possédait un atelier de transformation leur a alors permis de sauver ces fruits grêlés… Et de diversifier, par la même occasion, leur activité. Après trois années à louer cet atelier, les deux producteurs ont décidé d’investir près de 300 000 € dans leur propre matériel.

Faire appel à des transformateurs

Un pari sur l’avenir réussi, puisque le Gaec T’Air de Famille transforme dorénavant la moitié de leurs fruits en compotes et jus et travaille pour une dizaine de maraîchers et une vingtaine d’arboriculteurs du secteur. Le chiffre d’affaires de l’entreprise est équitablement réparti entre la vente des beaux fruits, la prestation de l’atelier de transformation et la vente des compotes et des jus en magasins de producteurs et spécialisés. « En ce moment, les producteurs nous appellent, car leurs potimarrons ou leurs butternuts ont pris des coups de soleil, ils veulent donc les transformer en soupes », déclare le professionnel. Les averses de grêle de ce début d’été ont également amené plusieurs lots de pommes et de pêches abîmés. « Mais il faut que la grêle arrive tôt dans la saison, détaille l’arboriculteur. Des producteurs ont eu un nuage de grêle en juillet et le fruit pourrissait tout de suite. Les fruits à noyaux sont difficiles à transformer, excepté si la grêle frappe au mois de mai et que les fruits ont le temps de cicatriser. A l’inverse, les pommes se conservent assez bien malgré la grêle, nous pouvons en faire des compotes et jus. »

Se tourner vers les associations

Être très réactif, c’est également le rôle que s’est donnée Solaal Auvergne-Rhône-Alpes. Depuis sa création en 2021, l’association a créé un réseau d’acteurs à l’échelle régionale, afin de récupérer les produits frais voués à être jetés ou perdus. Les dons des entreprises agricoles et agro-alimentaires bénéficient ensuite aux associations d’aide alimentaire. Cette année, la grêle a concerné 4 dons sur 105. « Il s’agit de dons spéciaux, où nous devons être très réactifs, explique la coordinatrice de l’association, Lola Schweitzer. Nous demandons dans un premier temps des photos aux producteurs, car nous ne pouvons pas proposer un produit pourri. Si les produits grêlés ont déjà été ramassés, nous sommes en contact avec des associations qui peuvent directement s’occuper du tri. » Il y un an, des courges produites dans la Loire et touchées par un épisode de grêle ont été valorisées par ce biais-là. Cet été, ce procédé a surtout permis de récupérer des pêches, nectarines et potimarrons grêlés, majoritairement transformés en compotes et en soupes.

Léa Rochon