COOPÉRATION AGRICOLE
Le soutien de la France à l’Ukraine

En signant un protocole de coopération agricole avec son homologue ukrainien, Marc Fesneau a aussi cherché à le sensibiliser sur les risques de déstabilisation des marchés agricoles chez les Vingt-sept provoqués par le conflit avec la Russie.

Le soutien de la France à l’Ukraine
Les 10 et 11 novembre, en déplacement en Ukraine, le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, a signé un protocole de coopération avec son homologue ukrainien Mylola Solsky. ©X_Marc_Fesneau

En déplacement en Ukraine, les 10 et 11 novembre, le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, a signé un protocole de coopération avec son homologue ukrainien Mykola Solsky. L’occasion aussi de l’alerter sur les conséquences du conflit avec la Russie sur l’économie agricole et ses répercussions sur les autres pays européens. En Ukraine, la Russie ne se bat pas seulement avec les armes. Elle utilise l’arme énergétique et aussi alimentaire non seulement pour asphyxier le pays en le privant de ses débouchés, mais aussi pour déstabiliser les pays qui le soutiennent. Après s’être opposé au renouvellement de l’accord sur les exportations de grains par la mer Noire, Moscou menace les deux corridors qui ont été créés pour permettre à l’Ukraine de les écouler, l’un par la Pologne vers la Baltique, l’autre vers la Roumanie par le Danube. Pour le ministre de l’Agriculture français, il est important que ces corridors fonctionnent, d’abord pour ne pas priver l’Ukraine de ses débouchés, mais aussi pour éviter que les marchandises exportées ne se déversent massivement et perturbent les marchés de l’Union européenne. Ainsi, l’un des objectifs du protocole vise à mieux suivre les marchés agricoles ainsi que les échanges de grains et autres denrées entre l’Ukraine et l’Union européenne et faire en sorte que « les filières françaises et européennes ne soient pas affectées par des importations massives sur notre sol », a indiqué le cabinet de Marc Fesneau, et dont les standards ne seraient pas les nôtres. Il en est d’ailleurs ainsi pour les volailles et le sucre dont les importations européennes et françaises ont considérablement augmenté depuis le début du conflit. Ce qui ne manque pas d’inquiéter les agriculteurs concernés. D’ailleurs, le ministre n’a pas manqué d’alerter la vice-Première ministre ukrainienne, chargée de l’intégration européenne et euro-atlantique, Olha Stefanichyna, sur l’importance de maintenir un équilibre entre l’Ukraine et l’Union européenne, en matière d’échanges agricoles.

Préparer l’adhésion

Autre objectif de l’accord de coopération : la reconstruction du pays une fois que le conflit sera terminé. L’Inrae et le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) vont être mobilisés pour décontaminer les sols et les rendre aptes à la production agricole dans les zones concernées. Le protocole vise également à préparer l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne après le feu vert donné par la Commission de Bruxelles, il y a quelques jours. Certes l’adhésion ne va pas se faire du jour au lendemain, les négociations seront longues, d’ailleurs le calendrier n’est pas encore fixé. Quoi qu’il en soit, l’Ukraine devra au préalable intégrer l’acquis communautaire pour toutes les règles sanitaires et environnementales notamment. La France va l’y aider y compris pour la création d’un cadastre dont l’Ukraine est dépourvue. Mais cet accord de coopération est plus vaste. En y intégrant des volets sur l’enseignement supérieur agricole (ingénieurs et vétérinaires), la génétique animale, les agroéquipements ainsi que l’irrigation, l’Ukraine souhaite aussi bénéficier de l’expertise de la France dans ces domaines, pour améliorer la productivité de son agriculture.

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