Le grand captage des marges par les intermédiaires
Regard / Une étude de l’Insee révèle la nette hausse de rentabilité des grossistes agroalimentaires entre 2020 et 2024. Portés par la flambée des prix, leurs profits ont bondi. Mais en bout de chaîne, l'explosion des coûts de production subie par le monde agricole n'a que peu ou pas profité aux agriculteurs.
Entre la crise sanitaire post-Covid et le déclenchement de la guerre en Ukraine, la chaîne agroalimentaire a traversé de puissantes secousses. Flambée des cours mondiaux des matières premières, envolée de l'énergie et hausse des intrants : entre 2020 et 2022, les prix agricoles à la production ont grimpé de 35 % en France, atteignant des sommets pour les céréales (+ 83 %) ou les œufs (+ 82 %), rapporte une étude publiée par l’Insee fin octobre1. Mais qui a réellement tiré parti de cette vague d'inflation ? Cette étude apporte un éclairage assez édifiant en braquant le projecteur sur le maillon intermédiaire de la distribution : les grossistes. Alors que les volumes vendus se sont contractés pour les produits agricoles bruts (- 7,2 %) et ont presque stagné dans le secteur alimentaire (- 0,1 %), les grossistes ont enregistré des performances financières remarquables. Entre 2020 et 2024, leurs prix de vente ont bondi de 31,2 % pour les produits alimentaires et de 26,2 % pour les produits agricoles. Grâce à ce levier tarifaire, leur marge commerciale globale en valeur s'est envolée de 29,4 %, pour atteindre 49 milliards d'euros en 2025. Mieux encore : la hausse des mar...
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