BILAN CLIMATIQUE
Un mois d’octobre tout en contrastes

Mauvais temps en début et fin de mois, longue plage de calme et records d’ensoleillement battus, voilà comment résumer le mois d’octobre qui vient de s’écouler. D’un territoire à l’autre et d’une semaine à la suivante, octobre a affiché ses contrastes.

Un mois d’octobre tout en contrastes
Avec 13,8°C de moyenne au niveau national, ce mois d’octobre 2021 se révèle conforme à la normale de saison. ©SD

Ce mois d’octobre restera comme un mois difficile à analyser au niveau météorologique. Côtés températures, la moyenne s’est établie d’après Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture, à 13,8°C. Cela situe ce mois d’octobre 2021 à un niveau conforme à la normale de saison (-0,1°C) et dans la lignée des mois d’octobre observés depuis vingt ans. À l’échelle régionale, les températures sont apparues supérieures à la normale dans l’Ouest et en Corse, mais déficitaires dans le Sud-Ouest, sur la pointe bretonne et dans le Centre-Est. Le temps très ensoleillé durant la majorité du mois s’est traduit par des températures diurnes élevées l’après-midi mais a également favorisé le refroidissement nocturne et une certaine fraîcheur matinale par endroits. L’ensoleillement s’est révélé particulièrement généreux dans le Val-de-Loire et les régions du Centre avec des records battus à Nantes (Loire-Atlantique), Poitiers (Vienne), Cognac (Charente) ou encore Nevers (Nièvre). Moins gâtés, le Finistère ou la région bordelaise sont restés plus proches des moyennes habituelles.

Une pluviométrie inférieure à la normale

D’après le dernier bulletin de la Chaîne météo, ce mois d’octobre a tranché avec les deux précédents qui se sont révélés particulièrement humides. Agreste ajoute que l’indice pluviométrique apparaît pour le troisième mois consécutif inférieur à la normale, de l’ordre de 15 %. Le déficit hydrique a atteint 50 % dans le Sud-Ouest et jusqu’à 75 % en Corse. Les précipitations ont été rares, excepté en début puis en toute fin de mois dans les Pays-de-la-Loire, le Sud de la Bretagne ou encore le Maine-et-Loire qui a reçu jusqu’à 100 mm de précipitations en moins de 24h. Malgré une tendance générale sèche, des épisodes pluvieux importants ont rythmé le mois d’octobre. Les pluies méditerranéennes ont surtout affecté la vallée du Rhône alors que les perturbations océaniques sont restées cantonnées au quart Nord-Ouest, analyse Agreste. Parmi les évènements marquants observés à l’échelle locale, la Chaîne météo met en avant les fortes pluies orageuses observées le 3 octobre à Villefort (Lozère), village sur lequel s’est abattu pas moins de 365 mm en 24h, un record à cette période de l’année. Le lendemain à Brignoles dans le Var, des orages stationnaires et pluvieux ont engendré d’importantes inondations. Le 21 octobre a vu le passage sur la France de la tempête Aurore, apportant avec elle d’importantes rafales de vent notamment dans le Nord, le Nord-Ouest et à Paris. Citons enfin la crue de la Cèze qui a touché le 31 octobre la commune de Monclus (Gard), engendrant de nombreux dégâts heureusement matériels. Suite aux pluies de fin octobre, les sols sont apparus relativement humides dans le Nord-Ouest, mais aussi en vallée du Rhône et sur le Massif central.

Sec et frais en Aura

A l’échelle de la région Auvergne-Rhône-Alpes, le mois d’octobre s’est caractérisé, d’après Météo France, par une très légère fraîcheur avec une température moyenne de 10.3°C, soit 0.3°C sous la norme. Les périodes du 4 au 17 et du 22 au 24 sont apparues sous les normales (jusqu'à -3,6°C le 14) puis le mois s’est conclu dans la douceur (5,7°C au-dessus de la normale le 31). Les minimales ont affiché un déficit de 1°C avec 5,2°C de moyenne. Avec 15,5°C de moyenne, les maximales ont de leur côté excédé de 0,5°C les normales de saison. A l'échelle départementale, même si globalement la fraîcheur l'a emporté, quelques secteurs par exemple dans l’Ain ont connu plus de douceur. A cette échelle, l'écart des minimales s’est révélé plus important, et c'est en Haute-Savoie que se sont trouvés les deux extrêmes de la région : de -2,9°C à Sallanches à +1,7°C à Thones. Pour les maximales, l'écart s'est échelonné de -1,2°C à St-Bonnet-le-Château (Loire) à +2,1°C au Mont-Dore (Puy-de-Dôme). Côté précipitations, avec un cumul agrégé de 109 mm, il n’a manqué que 6 % de pluie pour atteindre le quota mensuel. Comme le mois dernier, ces précipitations n’ont pas touché la région de façon équitable : les secteurs les plus arrosés se sont positionnés sur un axe Ardèche-Drôme/Ain avec un excès d'eau jusqu'à +170 % sur les Cévennes. Les Alpes et l'Auvergne ont, elles, affiché un déficit global, jusqu'à -70 % ponctuellement en Savoie. L’ensoleillement s’est lui révélé supérieur de 25 à 35 % à la moyenne de saison, jusqu’à 40 ou 50 % ponctuellement sur le Cantal, l'Ain, le Rhône et l'Isère. Le vent s'est souvent agité, même en plaine, avec des rafales qui ont parfois atteint 80 à 90 km/h, jusqu'à plus de 100 km/ h sur la Loire et le Rhône. Sur les points plus élevés, des pointes de 110 à 140 km/h ont été enregistrées.

Un bel ensoleillement côté BFC

En région Bourgogne-Franche-Comté, ce mois d'octobre restera comme l'un des plus ensoleillés de ces dernières années. Il a débuté par un temps très doux et gorgé de soeil les trois premiers jours. Le premier épisode pluvieux du 3 au 5 a rapidement été suivi par un temps durable sec, ensoleillé jusqu'au 19, mais assez frais en raison de la bise bien présente. Les températures maximales se sont révélées plutôt douces en début de mois, puis le 19 et en fin de mois. Le 19, les températures ont partout été supérieures à 20°C l'après-midi, avec 21,9°C à Pontarlier (Doubs) et même plus de 25°C dans l'Yonne et la Côte-d’Or. Même le 31, il a fait encore très doux, avec 21,8°C à Joigny (Yonne), 22,3°C à Luthenay-Uxeloup (Nièvre) et à Baume-les-Dames (Doubs). Pour les minimales, la moyenne s’est révélée un peu en-dessous des normales de saison. Les premières fortes gelées ont fait leur apparition sur le relief et en plaine localement, notamment le 11 et le 23. Le minimum enregistré a été de -6,8°C à Mouthe (Doubs) le 23. L’évènement de ce mois d’octobre restera la tempête Aurore qui a traversé la région les 20 et 21. Dès la mi-journée du mercredi 20, le vent de Sud à Sud-Ouest s’est renforcé. Ce temps tempétueux et pluvieux s’est poursuivi une bonne partie de la nuit suivante. Les rafales de vent les plus fortes ont été localisées à Dorans (Territoire de Belfort), 103,7 km/h, Auxerre (Yonne), 100,1 km/h, et Luxeuil (Haute-Saône), 88,9 km/h. Dans la matinée du 21, la tempête s'est évacuée vers l'Est et le vent a rapidement faibli. Passé cet épisode, le soleil s’est de nouveau imposé du 21 au 28 avec des températures encore fraîches le matin mais un vent moins présent. Un dernier épisode pluvieux a arrosé la région en fin de mois, associé à une certaine douceur des températures.

Pierre Garcia

PRAIRIES / Une production en hausse

Au 20 octobre 2021, la pousse cumulée des prairies permanentes depuis le début de la campagne est apparue supérieure de 16 % à la normale observée au niveau national sur la période 1989-2018. Les conditions météorologiques ont été de nouveau favorables ce mois-ci avec une alternance de pluies et de temps sec, dans un contexte de températures globalement proches de la normale. L’indice ISOP a été supérieur à 100 % dans toutes les régions. Il est même apparu proche de 120 au Nord d’une ligne allant de la Bretagne aux Alpes. Dans le Sud-Ouest, la situation s’est améliorée tout au long de ce mois d’octobre. Dans le Grand-Est, le ralentissement de la pousse d’herbe sur le dernier mois n’a pas remis en cause l’excellent bilan acquis notamment durant l’été. La pousse s’est révélée excédentaire (indice ISOP supérieur à 110) dans les deux-tiers des régions fourragères et déficitaire surtout en région Occitanie. Dans la moitié des régions fourragères, la pousse d’herbe a atteint son plus haut niveau des sept dernières années. C’est surtout grâce à une pousse importante durant l’été-automne que la production annuelle a atteint un tel niveau. Alors que 9 % des régions fourragères étaient excédentaires à la fin du printemps, la proportion a atteint 82 % sur l’été-automne. L’absence de chaleurs extrêmes et les fréquents passages pluvieux ont favorisé la pousse estivale des prairies permanentes sur la quasi-totalité du territoire. Sur l’année, les deux-tiers des régions fourragères se sont révélées excédentaires, excepté certaines régions situées sous une ligne allant de la Vendée aux Pyrénées.

Pierre Garcia